L’Union des Forces pour le Changement (UFC) a pu tenir finalement son congrès statutaire dans la sérénité. C’était le samedi 12 aout dernier à Lomé. Après plusieurs reports, les cadres du parti se sont enfin entendus pour réorganiser l’organigramme du parti, mettant ainsi fin à plusieurs années de crise de leadership qui minait la maison « détia ». A l’issue de ce congrès, on note que le président-fondateur Gilchrist Olympio est reconduit pour un nouveau mandat de trois ans à la tête du parti, alors que son ancien lieutenant, Elliott OHIN est éjecté du bureau national.
C’est désormais fait. Le congrès statutaire de l’UFC a enfin eu lieu dans le calme et la sérénité. Sur les 57 fédérations que compte le parti, 48 avaient répondu favorablement au rendez-vous. Ce qui suppose que conformément aux textes qui régissent la vie du parti, le quorum (2/3) est largement atteint et les congressistes ont donc procédé aux délibérations pour renouveler les instances du parti. Ainsi, un bureau national de 33 membres a été mis en place avec sa tête Gilchrist Olympio, reconduit pour un nouveau mandat de trois ans. Les postes de 1er vice-président et du 2è vice-président sont occupés respectivement par Me Jean Claude Homawoo et l’honorable Séna Alipui. L’ancien ministre Elliott OHIN est quant à lui éjecté des instances décisionnelles du parti, lui qui était l’un des protagonistes de la guerre des clans qui minait le parti. « La crise est derrière nous, puisqu’un bureau directeur a été élu. Le congrès s’est déroulé conformément aux règles que nous avons établies. Un congrès statutaire est convoqué par le bureau directeur selon l’article 19 de nos statuts et le quorum a été constaté, car plus des 2/3 des personnes qui ont voix délibératives étaient présentes » a précisé le premier porte parole du parti, Isaac Tchiakpé.
« Un congrès permet le toilettage d’un parti. Il nous manquait un organe de décision : un bureau politique. Et le congrès s’est penché particulièrement sur ce point. Nous avons également essayé de rectifier certaines incompréhensions dans nos statuts, en l’occurrence la disposition qui stipule que les vice-présidents remplacent le président national quand il est absent ou empêché » a indiqué de son coté Me Jean Claude Homawoo.
Selon les premiers responsables élus, le nouveau bureau aura pour mission de consolider l’unité du parti et multiplier les sessions de formation des cadres et militants sur les textes du parti et sa ligne politique. L’UFC compte donc poursuivre sa politique de paix et de réconciliation entamée depuis 2010 à travers la signature de l’accord le liant au parti au pouvoir. Tout en refusant de retomber dans les mêmes erreurs du passé qui ont consisté à opter pour le radicalisme aveugle, le parti du chef de file de l’opposition réaffirme son objectif principal qui reste l’alternance pacifique à atteindre lors des prochaines échéances électorales. « Nous sommes un parti d’opposition constructive, c’est-à-dire une force de proposition pour un Togo nouveau. Nous ne sommes plus dans la contestation systématique. C’est au regard de notre histoire et de nos expériences de lutte que nous avons choisi une approche de négociation coopérative pour obtenir l’alternance pacifiquement. Notre engagement politique est une volonté permanente et constante du changement dans la paix et la tolérance. Ce qui suppose de parler et de discuter voire de convaincre ceux qui sont différents de nous. Dans le contexte du Togo, seule une approche négociée peut permettre d’aboutir à l’alternance au sommet de l’Etat » a ajouté Me Jean Claude Homawoo.
« Nous entendons participer à ces échéances électorales et nous entendons dépasser le score que nous avons aujourd’hui : conserver notre place de première force politique de l’opposition constructive, parce que l’opposition au Togo est une opposition plurielle. Notre démarche politique n’est plus une démarche de polarisation, parce que la vie politique togolaise est polarisée, le front politique togolais est un front radicalisé où le débat démocratique est escamoté. Ce sont des décisions prises par le parti, mais qui ne sont pas statutaires. Ces résolutions fixent le cap de notre action pour les trois prochaines années » a insisté le premier porte-parole Isaac Tchiakpé.
Etaient présents à ce congrès, des responsables de partis amis et alliés notamment le NET, le MRC, la UNIR, la CPP, le MCD et bien d’autres. Tour à tour, chacun a pris la parole pour féliciter les décideurs de l’UFC d’avoir enfin tenu ce congrès tant attendu par les militants et souhaiter « bonne chance » à la nouvelle équipe dirigeante.
Créé en 1992 aux premières heures du rétablissement du multipartisme et du processus démocratique au Togo, l’UFC s’est toujours distinguée comme un parti très radical jusqu’à la signature en 2010 avec le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) d’un accord de participation au gouvernement dans un esprit de partage du pouvoir. Un accord qui aura entrainé de sérieux bouleversements au sommet du parti et poussé finalement une bonne partie des cadres à quitter le navire pour créer d’autres formations politiques à l’instar de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), Les Démocrates, sans oublier le Front des Patriotes pour la Démocratie (FPD) de l’ancien ministre Djimon Oré.
Roger G